UNE
PAROLQ QUI AGIT
À
journée longue, nous sommes inondés de paroles.
Si bien que nous en venons à mettre en doute la valeur
de la parole elle-même : n'est-elle que du vent? un
bruit de fond? ou pire encore, un écran de fumée
qui cache la réalité?
Pourtant, notre
expérience nous prouve qu'il y a des paroles qui agissent!
On sait comment une seule parole peut détruire un enfant.
Ou à l'opposé, comment une parole au bon moment
peut produire plus d'effet que les meilleurs médicaments.
Les paroles que nous nous lançons, nous font et nous
défont...
Luc nous raconte
aujourd'hui le premier grand discours de Jésus. Un
discours important qui résume son ministère.
Et Jésus s'y présente comme quelqu'un qui veut
agir par sa parole. II veut que celle-ci libère ceux
qui sont prisonniers de la peur, éclaire ceux qui cherchent
un sens à leur vie, permette un nouveau départ
à ceux qui sont devant un cul-de-sac. Une parole enfin
qui nous décharge de toute dette envers Dieu et nous
permette de recommencer à neuf avec lui.
Jésus termine
son discours en disant: Cette parole de l'Écriture
que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit.
À chaque Eucharistie, cet aujourd'hui de la Parole
se réalise. À chaque Eucharistie, Jésus
se rend aussi présent dans la Parole proclamée
que dans le pain partagé! Alors que nous prenons tant
de précautions pour qu'aucune miette du pain eucharistique
ne se perde, quel respect portons-nous à la Parole
dans laquelle le Christ est aussi présent?
Cette
Parole de Jésus ne peut agir que si elle est accueillie
avec foi, avec respect, et avec le désir ardent qu'elle
agisse en moi. Car si Jésus me parle, ce n'est pas
pour m'informer, mais pour me transformer!
Georges
Madore
Y
A-T-IL UN REMÈDE
L'histoire de l'humanité est écrite avec le
sang de millions de personnes persécutées, exploitées,
torturées, tuées. Le mal s'apaise à un
endroit de la planète pour renaître, aussi laid,
en d'autres pays, comme une hydre indestructible ! Le mal
serait-il donc sans remède ?
Jésus aussi apporte une réponse à notre
question. Tout commence dans le regard que je pose sur l'autre.
Si je le vois comme une chose, comme un simple instrument
pour atteindre mes buts, ou encore comme un être inférieur
et méprisable, mes gestes découleront de ce
mépris. Dans l'Évangile, on voit Jésus
prendre un enfant et inviter ses disciples à le regarder
avec estime. N'oublions pas qu'à cette époque,
l'enfant était considéré comme un être
sans importance, dépourvu de tout pouvoir. Les plus
petits de ce monde, Jésus nous invite à les
regarder comme lui les regardait. De ce regard découleront
des gestes de respect et d'estime.
Y a-t-il un remède au mal ? Oui. Ce remède existe
en Celui qui s'est fait le serviteur de tous.
Georges
Madore
LE
THERMOMÈTRE DU BON DIEU
- Je me sens mal; j'ai chaud, j'ai froid. Est-ce que je
fais de la fièvre? Vite, le thermomètre! Lui,
me le dira.
- Est-ce encore trop frais pour sortir sans gilet? Consulte
le thermomètre : tu auras la réponse.
- Mon sucre à la crème est-il prêt?
Un bon thermomètre te l'indiquera.
C'est bien commode un thermomètre. Si seulement il
en existait un pour vérifier ma foi, pour me dire
si ma vie chrétienne est en forme, pour m'indiquer
clairement ma santé spirituelle. Eh bien, bonne nouvelle!
Ça existe! L'apôtre Jean nous le répète
plusieurs fois dans la Parole de Dieu de ce dimanche :
Aimons-nous les uns les autres, puisque l'amour vient de
Dieu. Tous ceux qui aiment sont enfants de Dieu et ils connaissent
Dieu. Car Dieu est amour. (1 Jn 4, 7-8)
Jésus lui-même l'affirme dans l'Évangile:
Mon commandement, le voici: aimez-vous les uns les autres
comme je vous ai aimés. (Jn 15. 12)
Ce ne peut être plus clair: pour savoir si ma relation
à Dieu est vraie, vivante, en bonne santé,
le meilleur indicateur - le seul même semble dire
saint Jean - c'est l'amour. Non pas une certaine ferveur,
car celle-ci vient et part. Ni non plus la longueur de mes
prières. Certes, Dieu n'est pas contre la prière;
il nous y invite même. Mais la prière sans
amour risque d'être illusion.
Et il ne s'agit pas ici de n'importe quel amour. Aimez-vous
comme je vous ai aimés.
Aimer comme Jésus, joyeusement, quotidiennement.
Aimer ceux qui m'aiment et ceux qui ne m'aiment pas. Aimer
en écoutant, en donnant du temps, en servant
Vous voulez connaître votre santé spirituelle?
II n'y a qu'un thermomètre: l'amour. C'est le thermomètre
du bon Dieu!
Georges Madore
LA
GUÉRISON
Pour rencontrer
Dieu, des gens font encore l'effort de se mettre en route.
Uniquement au Québec, chaque année, les sites
de pèlerinage enregistrent environ quatre millions
de visites. Certains commentateurs soutiennent que les motivations
de la plupart de ces nomades n'ont rien de religieux. Mais
ceux et celles qui sont sur place savent que, au contraire,
une partie des pèlerins demande au Seigneur la grâce
d'une guérison ou d'un soutien important.
Bien des gens voient
ainsi des résultats concrets à leur démarche
de foi. Le soulagement physique n'est pas automatiquement
au rendez-vous. Souvent, la réponse divine va s'avérer
plus forte et plus marquante qu'une simple amélioration
de l'état de santé. Le pro grès spirituel,
avec ses bons fruits de sérénité, de
patience et de communication, transforme la vie des malades.
Oui, Dieu fait
encore du nouveau dans ce monde malgré l'indifférence
ambiante. Oui, Jésus transforme encore les coeurs et
les vies par sa parole... et par ses témoins. Dans
l'évangile, les compagnons trouvent un moyen inédit
pour présenter la personne paralysée à
Jésus. Alors, Jésus lui touche d'abord le coeur,
avant d'intervenir sur son corps. Quel toit mérite
d'être percé par nos soins pour présenter
à Jésus les besoins des membres de nos familles
et de nos milieux de vie qui souffrent ?
Quel mur devrait
être abattu pour que les gens de notre société
aient accès à cette transformation divine toujours
disponible ?
Alain
Faucher
LES
DOUZE COLONNES DE L'ÉGLISE
Un
soir, en rentrant chez moi, quelqu'un avait laissé
un message sur mon répondeur. Dans une discussion,
les gens cherchaient le nom des apôtres et ne parvenaient
pas à les trouver. J'ai été surpris,
mais agréablement.
Trois évangiles nous donnent la liste des apôtres
: Matthieu, Marc et Luc. La liturgie d'aujourd'hui nous donne
la liste de Matthieu. Les trois listes sont pareilles, sauf
pour un nom.
II y a d'abord Simon (dont le nom sera changé en Pierre)
et son frère André. Puis deux autres frères,
Jean et Jacques (surnommé plus tard le Majeur). Philippe
et Barthélemy, Thomas et Matthieu, Jacques fils d'Alphée
(surnommé le Mineur), Thaddée, Simon le Zélote
et Judas Iscariote. Sur les trois listes de douze noms, un
seul diffère dans la liste de Luc : c'est celui de
Thaddée, que Luc dénomme Judas (ou Jude) fils
d'un certain Jacques.
Le nombre douze est certainement symbolique. II évoque
les douze tribus d'Israël et indique par là qu'avec
Jésus commence un Israël nouveau qui ne repose
plus sur la nationalité mais sur la foi. Ce sont tous
des hommes, ce qui du temps de Jésus allait de soi.
Je ne pense pas qu'on puisse prendre appui sur ce fait pour
interdire le sacerdoce aux femmes. Ce groupe des apôtres
(apôtre = envoyé) est différent de celui
d'un groupe plus large qu'on appelle parfois les disciples.
En fait, les douze sont les premiers témoins de la
résurrection de Jésus. Ils ont été
ses proches collaborateurs et c'est sur leur témoignage
que nous prenons appui pour attester de la résurrection
de Jésus.
De ces douze, un a trahi. C'est Judas Iscariote. Après
la résurrection de Jésus, on l'a remplacé
(Ac 1,15-26). Au cours d'une réunion de 120 personnes,
on a retenu deux candidats possibles et on a tiré au
sort le nom de Matthias, ce qui montre bien que les premiers
compagnons étaient plus que 12 et que le club des douze
avait une fonction symbolique. Les douze sont les colonnes
sur lesquelles l'Église s'est construite.
La tradition veut que les douze apôtres soient morts
martyrs (sauf peut-être Jean qui serait mort très
vieux à l'lle de Pathos). La foi en Jésus n'est
pas simplement le point d'une belle doctrine, d'un beau message.
C'est le résultat d'une continuité historique
qui va de Jésus à nous, de témoins à
témoins. Au début de la liste des témoins,
il y a les apôtres. Le message-témoignage s'est
relayé de génération en génération.
C'est à nous encore que Jésus dit : Proclamez
que le royaume des cieux est tout proche.
André
Beauchamp
QUEL
EST LE SECRET?
On voit une femme
dont la peau est fraîche comme une pêche et on
se demande: Quel est son secret? On rencontre un centenaire
en forme et lucide, et on n'hésite pas à le
questionner sur le secret de sa longévité. On
connaît quelqu'un dont le calme et la sérénité
nous étonnent, et on ne peut s'empêcher de se
demander: Mais quel est donc son secret?
Les deux premières
lectures de ce dimanche nous présentent en quelque
sorte l'idéal de la vie chrétienne. Dans les
Actes des Apôtres, on voit Philippe entreprendre une
mission chez les Samaritains. Sa parole fait naître
l'espérance. Devant lui, le mal prend la fuite; sous
ses pas, la santé refleurit. On se croirait en présence
de Jésus lui-même! Dans sa lettre, l'apôtre
Pierre nous incite à souffrir pour avoir fait le bien,
comme Jésus l'a fait.
Mais quel est le
secret qui nous rend capable de vaincre le mal, comme Philippe,
de souffrir pour avoir fait le bien, comme nous y invite Pierre?
La réponse vient de l'évangile, lorsque Jésus
dit: Vous êtes en moi et je suis en vous. Une expression
qu'on retrouve dans la lettre de Pierre (et qui revient comme
un refrain chez saint Paul) résume bien cette parole
de Jésus: Dans le Christ. Voilà le secret. Que
toutes mes facultés, ma mémoire, mon affectivité,
mon intelligence, ma volonté, que tout mon être
soit dans le Christ, pénétré du Christ,
transfiguré dans le Christ! Que lui et moi soyons si
profondément unis dans !a même vie que mon existence
devienne le prolongement de la sienne dans le monde d'aujourd'hui.
Et que sous mes pas, comme sous les siens, fleurisse la Vie!
Georges
Madore
UN
TEMPS DE GRANDE ESPÉRANCE
Je les
entends dire: "Le monde va mal. L'Église du Québec
est décadente." Je veux néanmoins plaider
pour l'espérance. L'espérance est cette vertu,
cette force (le mot latin virtus signifie force) qui, étant
donné Dieu, étant donné ses interventions
dans l'histoire humaine et ses promesses, donne d'aller de
l'avant quoi qu'il arrive. Même en pleine nuit, même
au plus creux de la vague. L'espérance ne relève
pas d'un tempérament naturellement optimiste. Elle
repose sur la confiance en Dieu qui veut le bonheur et la
vie pour les siens et pour l'humanité entière.
Elle s'appuie surtout sur un événement déconcertant
et lumineux, la croix de jésus.
On connaît
l'affaire. Sa cause était perdue. Sa vie apparaissait
être un total échec. Quelques heures encore et
on allait mettre son corps au tombeau. Trois jours plus tard,
son Père le ressuscitait!
"Ô
Croix dressée sur le monde, Ô Croix de Jésus
Christ!" Ô croix, source de toute espérance.
L'espérance
chrétienne est têtue, elle revient constamment
à la charge. L'espérance chrétienne est
patiente, elle sait veiller longtemps dans la nuit, en attendant
l'aurore. L'espérance chrétienne est courageuse,
elle se relève et se relève encore après
l'échec. L'espérance chrétienne ne rend
ni aveugle ni naïf. Elle sait que le mal existe mais
peut être vaincu, que la souffrance existe mais peut
devenir un chemin de vie nouvelle. Pour qui espère,
les temps difficiles n'invitent ni à la morosité,
ni à la fuite, ni au repli sur soi, ni à l'abandon
du combat, mais à une plus grande espérance.
Jean-Yves
Garneau
JE
SUIS CROYANT, PAS PRATIQUANT
«Je
suis croyant, pas pratiquant...» Quel prêtre ou
évêque n'a pas entendu cent fois, mille fois
cet aveu souvent suivi, chez !es hommes, de quelques vieux
souvenirs d'enfants de choeur et d'histoires de burettes dans
les sacristies. Tout aveu doit être respecté.
Mais il peut être questionné.
Respecté?
Parce que chacun a son chemin. Parce que nul ne peut condamner
son frère. Parce que, Jésus l'a souvent remarqué,
la foi la plus belle peut être celle de l'étranger
païen qui ne vient jamais à l'assemblée
de prière...
Questionné?
En effet, lexpression «Je suis croyant, pas pratiquant»
peut être humblement questionnée. Je peux vous
faire un aveu personnel: 'el suis pratiquant, parce que je
ne suis pas assez croyant... Cela peut vous surprendre, mais
c'est ainsi. Parce que toute messe ravive ma foi. Parce que
toute messe, avec ou sans homélie, me fait entendre
la Parole de Dieu. Parce que toute messe, avec ou sans chants,
me permet de rendre grâce à Dieu le Père
pour le don plénier de son Fils, Jésus. Parce
que toute messe, avec beaucoup ou peu de monde, me permet
de me reconnaître pécheur devant mes frères.
Parce que toute messe m'appelle à vivre de l'Esprit
ma vie de tous les jours. Toute messe éveille, réveille,
envoie...
Sans elle,
je me demande souvent ce que je deviendrais... Aveu pour aveu!
Mgr
François Garnier, archevêque de Cambrai
LE
DERNIER ACTE DE FOI .
La mort
d'une personne avec qui nous avons des liens de parenté
ou d'amitié suscite toujours de la tristesse et du
chagrin. La mort non seulement crée une rupture dans
une relation interpersonnelle, mais elle fait aussi surgir
beaucoup de questions à propos du sens de la vie. Celle-ci
s'arrêtet-elle aux frontières de la mort, ou
y a-t-il un autre versant à notre existence? Le récit
de la résurrection de Lazare ne fait pas abstraction
de ces réalités auxquelles tout être humain
est confronté un jour ou l'autre.
Le récit
que nous en donne l'évangéliste Jean est d'un
réalisme profondément humain. II revient à
maintes reprises sur l'amitié qui lie Jésus
à Lazare et à ses deux soeurs Marthe et Marie.
II ne cache pas la peine de Jésus, le désarroi
de ses amies et les lamentations des voisins. La mort bouleverse
et confronte la foi. La foi naît de l'inquiétude
face à la vie qui est menacée par la finitude
de l'être humain. Marthe et Marie sont des croyantes,
mais elles sont placées dans une situation où
elles sont appelées à croire malgré la
mort.
La mort
fait partie de l'ordre naturel des choses et rien ne sert
de la camoufler. De même que Jésus a déclaré
que la cécité de l'aveugle-né n'était
pas un chfitiment divin, ainsi en est-il de la mort. Par sa
présence auprès du défunt, Jésus
nous indique que Lazare continue d'être l'ami qu'il
aime. II y a là une bonne nouvelle pour nous qui sommes
à la fois mortels et croyants.
Au-delà
des tentatives hasardeuses de nous représenter la vie
après la mort, il y a l'espérance, appuyée
sur la résurrection du Christ, que nous sommes solidaires
de sa propre vie. Si nous vivons pour lui aujourd'hui, nous
vivrons aussi avec lui après la mort. Comme ce fut
le cas pour Lazare, au moment de notre mort, nous sommes l'ami
que Jésus aime. Vivre sa mort dans l'amitié
du Christ apparaît alors comme le dernier acte de foi
que nous puissions poser. C'est l'acte de foi qui nous fait
entrer dans la plénitude de la vie.
Yves
Guillemette ptre
TRANFIGURÉS
NOUS AUSSI
Dimanche
dernier nous suivions Jésus au désert, et voilà
que déjà il nous invite à monter avec
lui sur la montagne pour être transfigurés. C'est
un peu comme dans la vie... Rappelons-nous notre sortie du
désert de l'adolescence: nos premières amours,
nos premiers engagements, nos premières promesses,
nos premières responsabilités. À notre
insu une transformation s'opérait doucement au
coeur de notre existence. Le monde environnant n'était
plus tout à fait pareil. II était, si l'on peut
dire, changé, transfiguré.
Les trois apôtres, Pierre, Jacques et Jean connaissaient
Jésus depuis un certain temps. Ils le voyaient vivre,
prier, faire des miracles. Jésus avait acquis leur
respect et leur affection. Pierre avait même affirmé
qu'il donnerait sa vie pour lui (Jn 13,37).
À la rigueur, les disciples auraient pu aussi, changer
de camp, changer de Maître. D'autres parlaient
tout aussi bien et rassemblaient des adeptes. Mais après
l'expérience du Thabor, ils ne le pourront plus.
Car maintenant ils savent: ils ont vu, ils ont entendu, ils
ont ressenti même. Car comment expliquer autrement l'aveu
spontané de Pierre: Seigneur, il est heureux que nous
soyons ici! (Mt 17,4)
Même si le Père a pris la parole pour bien identifier
son Fils bien-aimé, les apôtres, et Pierre en
particulier, ont compris qui est ce Jésus derrière
qui ils marchent. La nuée lumineuse (v. 5) loin
de les aveugler leur a dessillé les yeux et brûlé
le coeur. C'est ce qui permet à Pierre de vouloir
faire durer cette proximité avec le divin: Si tu le
veux, je vais dresser trois tentes (v. 4). Hélas, quand
on touche Dieu de si près, on se rend compte bien vite
que le ciel est ailleurs et que cet ailleurs doit d'abord
se vivre dans la plaine, loin des sommets.
Comme les trois privilégiés de la montagne,
les croyants qui ont vraiment rencontré le Seigneur
vivent avec ce souvenir lumineux. Cela devient leur secret
et le noyau dur de leur foi. Ils portent au fond d'eux-mêmes
un bonheur inexprimable avec des mots. Un bonheur rayonnant.
Exactement comme pour les amoureux qui ne peuvent décrire
ce qui les a illuminés, les a rendus heureux et
qui les fait vivre. Ils sont à jamais porteurs du divin!
Ghislaine
Salvail s j.s.h .
BONHEUR
FOU
Un petit
6-49 avec ça? La ritournelle n'est que trop connue.
Les marchands de rêve le savent. La recherche de bonheur
est tellement inscrite au plus profond de nos coeurs qu'on
parvient à la taxer sans problème et le jeu
en vaut la chandelle. L'État l'a bien compris.
À l'opposé, l'Évangile arrive, lui aussi,
avec ses promesses de bonheur qui n'ont pourtant rien à
voir avec un gratteux. Ce sont les Béatitudes. "
Elles introduisent l'enseignement que Jésus donne sur
une montagne près de Capharnaüm où il habite.
C'est étrange. Cette référence à
la montagne et aux disciples qui y montent pour entendre le
maître me rappelle une autre figure, celle de Moïse.
Lui aussi monte sur une montagne pour y entendre parler son
Seigneur et il en revient avec les Tables de la Loi. Les disciples
de Jésus reçoivent de sa part une charte bien
différente. Jésus gravit la montagne, il se
mit à les instruire : Heureux les pauvres de coeur...
Voilà bien l'envers du bonheur! Un bonheur fou pour
reprendre un mot de saint Paul. Un bonheur trompeur aussi.
Comme une drogue, il repose sur des promesses: ils obtiendront
la terre, ils seront consolés... Mais si toutes ces
promesses voulaient nous parler d'espérance au coeur
même de nos détresses...
Les Béatitudes énumérées, le long
Sermon sur la montagne se poursuit sur deux chapitres. Il
se termine en évoquant la maison bâtie sur le
roc. Cette image donne à comprendre qu'en résistant
aux persécutions et aux faussetés dites contre
lui à cause de Jésus, le disciple a la solidité
du rocher. Heureux est-il alors! Oui, mais avouez que son
bonheur a quelque chose d'un peu fou. Et pourtant...
Jacques
Houle, c.s.v.
DU
PRIX À SES YEUX
Les guerres
se succèdent et la télévision nous ramène
des images d'enfants victimes de sous-alimentation ou de malnutrition.
On peut aussi mourir par manque d'amour, prétendent
certains psychologues. Se sentir aimé : un besoin essentiel
à la croissance de la personne.
En Jean,
la scène du baptême de Jésus me révèle
une belle histoire
d'amour, celle de Dieu le Père et de son Fils bien-aimé.
Le quatrième évangéliste rapporte le
témoignage de Jean Baptiste : J'ai vu l'Esprit
descendre du ciel comme une colombe et demeurer sur lui [Jésus]
(Jn 1,32). Pour certains exégètes, cette colombe
suggère l'amour
de Dieu le Père qui descend sur la terre. .
Tout au
long de sa vie terrestre, Jésus donne un visage humain
à cet amour de Dieu. Par des mots de réconfort
et surtout par des gestes de bonté, il témoigne
de l'immense amour du Créateur envers sa créature.
Jésus, !'Agneau de Dieu, a aimé jusqu'au don
total de sa vie. Et cette manifestation se répercute...
jusqu'à moi.
Depuis
le jour de mon baptême, je fais partie de la grande
famille des enfants du Père. Mon nom est celui d'un
fils de Dieu. J'occupe une place de choix dans le cur
de mon Dieu, père et... mère. Je puis vraiment
prendre à mon compte les paroles du prophète
Isaïe : J'ai du prix aux yeux du Seigneur... (Is 49,5).
Cet amour
doit rayonner. Le fait d'être aimé m'incite à
aimer à mon tour le Seigneur ainsi que mes frères
et soeurs, spécialement les plus faibles et les plus
pauvres.
Je me
réjouis et j'ai le coeur à l'action de grâce,
car depuis le jour de mon baptême, Dieu, plein de tendresse
et d'affection, me prend par la main et me remplit de sa force
et de sa lumière.
Gilles
Leblanc
LE
DIEU QUI VIENT AI MONDE
Au milieu
de la nuit et loin de sa maison, une maman met au monde un
enfant. Comme berceau, une mangeoire dans une étable.
Il n'y a pas de place pour eux dans l'auberge. C'est aussi
simple que ça! Et pourtant, il s'agit de l'événement
le plus inouï de l'histoire humaine: Dieu qui devient
l'un de nous.
Même
si nous sommes toujours pressés et souvent distraits,
nous cherchons Dieu. À qui peut-il ressembler? Le voici
dans ce nouveau-né que nous aimerions serrer dans nos
bras et dont nous voudrions prendre soin. Comme tous les bébés,
il pleure quand il a faim; mais il est la Parole de Dieu,
cette Parole qui a créé l'univers. Entouré
de l'affection de Marie et de Joseph, il dort; et pourtant,
par son silence, il nous enseigne déjà les béatitudes
de la pauvreté, de la simplicité et de l'amour.
À peine visible dans la pénombre de l'étable,
il est la vraie lumière de l'humanité. Il vient
de naître, et il est engendré de Dieu depuis
toujours. Dans ce nouveau-né si fragile, se concentre
toute la force de l'amour qui transforme chacun de nos coeurs.
Dans l'enfant
de Bethléem, Dieu vient établir sa demeure chez
nous. Une demeure, c'est là où l'on est à
l'aise et où il fait bon vivre. Or, depuis le premier
Noël, Dieu demeure dans notre monde. Il est chez lui
en chacun de nos coeurs et il est à l'aise avec les
pauvres, les gens que nous marginalisons, même ceux
et celles qui l'ignorent tout en le cherchant de façon
maladroite. Pouvons-nous imaginer Dieu plus proche de nous?
Normand
Provencher
MIROIR
OU FENÊTRE?
Avez-vous
déjà rencontré des gens remplis d'eux-mêmes?
Quel que soit le sujet de conversation, ils réussissent
toujours à ramener l'attention sur eux. Moi, aussi
vous savez... Ça m'fait penser la fois que moi... En
leur présence, on se sent comme un piédestal
offert à leur gloire!
Dans l'évangile
d'aujourd'hui, le personnage du pharisien ressemble à
cela. La prière est pour lui l'occasion d'étaler
ses mérites, comme s'il disait à Dieu: Eh! que
tu es chanceux de m'avoir. Le portrait frise la caricature
et notre réaction normale est de nous dire: Sûrement
que je ne ressemble pas à cela!
Mais allons
plus loin. En nous dessinant ces deux images de la prière
(celle du pharisien et celle du publicain) Jésus veut
débusquer une tentation propre à toute prière:
celle de n'être qu'une rencontre avec soi-même
plutôt qu'avec Dieu. Si dans ma prière, je ne
parle que de moi, que ce soit de mes épreuves ou de
mes joies, de mes échecs ou de mes réussites,
je n'y rencontrerai que moi-même! !I faut que ma prière,
d'une manière ou d'une autre, m'ouvre à autre
que moi-même. Sinon, elle n'est pas une prière,
elle est un monologue! Elle n'est plus qu'un miroir où
je ne vois que moi au lieu d'être une fenêtre
où se révèle le Tout-Autre, celui devant
qui je serai toujours le pauvre.
Conclusion:
le premier don à demander dans la prière, c'est
peut-être justement le don de la prière!
Georges
Madore
NE
BAISSER PAS LES BRAS
Les
statistiques récentes sur la foi des gens de chez nous
sont étonnantes. Si elles fréquentent de moins
en moins leurs églises paroissiales, 80 % des personnes
interviewées continuent à prier! Nous sommes,
nous aussi, des priants. Nous prions ensemble à l'église
le dimanche. Nous prions seuls chez nous. Mais avons-nous
l'impression d'être écoutés de Dieu? Combien
de fois ai-je entendu des gens me dire: «Vous prierez
pour moi, mon Père. Le bon Dieu vous écoute,
vous»? Traduction: «Il ne m'écoute pas,
moi!»
Les
textes de ce dimanche nous invitent à renouveler notre
confiance en Dieu et à reprendre avec persévérance
le chemin de la prière. Pendant sa marche au désert,
le peuple d'Israël avait perdu espoir. En face des épreuves,
il s'était écrié: «Le Seigneur
est-il vraiment au milieu de nous, ou bien n'y est-il pas?»
(Exode 17, 7). En réponse à ce cri désespéré,
Dieu a assuré la victoire à son peuple grâce
à la prière de Moïse. Jésus, de
son côté, raconte une parabole: «un juge
qui ne respectait pas Dieu et se moquait des hommes»
finit, lassé, par rendre justice à la veuve
qui le lui demandait. Combien plus, conclut jésus,
Dieu fera-t-il justice à ses élus!
Prenons
donc le risque de prier comme jésus nous l'a enseigné.
Dieu changera nos curs. Ainsi, par toute notre vie,
nous deviendrons Bonne Nouvelle.
Yvan
Mathieu
NE
FAIRE QUE SON DEVOIR?
C'était
en 1970 ou 1971. Suite à un congrès international
à Assise, des gens m'avaient invité à
passer quelques jours à Lisbonne. Un midi j'oublie
ma caméra dans un restaurant. Une heure plus tard,
ayant réalisé mon étourderie, nous sommes
retournés en hâte vers le restaurant. C'était
une belle caméra pour l'époque, une Zeiss Icon,
35mm et j'y tenais beaucoup. Un client l'avait-il trouvée
et piquée? Le serveur !'avait-il fait disparaître?
Je m'explique auprès du gérant et l'instant
suivant on me remet ma caméra. Tout heureux, je veux
donner un pourboire au serveur. On refuse. J'insiste. On refuse
encore. J'explique à mes amis qui servent d'interprètes
qu'il est tout à fait de mise de verser un pourboire
à un serveur si honnête. Mais le gérant
répond : il n'a fait que son devoir.
Cette
leçon m'a beaucoup servi dans la vie. Le devoir se
suffit à lui-même. On laisse parfois entendre
qu'il est comme exceptionnel de bien faire ce qu'on a à
faire, comme si la médiocrité devait être
la norme.
Dans le
contexte de l'Évangile d'aujourd'hui, la leçon
sur les serviteurs quelconques (on disait autrefois inutiles)
n'est pas une leçon de choses sur le service domestique
(manifestement très lourd à l'époque
de Jésus) mais un enseignement sur !e rapport entre
la foi et !es oeuvres. Les oeuvres ne sauvent pas. C'est la
foi qui sauve. Mais qui entre dans la foi se met au service
de son Seigneur. II doit apprendre à obéir,
non pas d'une obéissance servile et extérieure,
mais par une obéissance inscrite dans l'amour et la
réciprocité. L'amour appelle l'amour. Aimer
en retour, inconditionnellement, ce n'est que faire son devoir.
André
Beauchamp
CE
RICHE, SERAIT-CE NOUS?
Il y avait
autrefois un homme bien riche qui faisait bombance avec ses
amis. Devant sa porte, se trouvait un pauvre qui aurait voulu
manger les restes. Mais...
Nous connaissons
cette histoire depuis toujours. C'est la parabole du riche
et de Lazare. On peut la raconter de mille manières
en changeant les noms des individus, des pays et des villes.
Je l'ai vue à Rio comme à Montréal, dans
les «gated cities» de Floride et dans les banlieues
de Casablanca. Les
riches regardent les plus riches qu'eux et se lamentent. Ils
ne voient pas les pauvres ou les moins riches qu'eux car cela
ne les intéresse pas. Au mieux, ils les ignorent. Au
pire, ils en ont peur.
Dans une
intervention célèbre, le pape Jean-Paul II a
proposé une interprétation sociale de cette
parabole. Les riches, ce sont les nations développées
du Nord qui gaspillent de façon éhontée.
Les pauvres, ce sont les pays du tiers-monde qui voudraient
les miettes et qui ne reçoivent que de nouvelles directives
concernant les ajustements structurels.
Qu'on
la comprenne comme une image de la vie quotidienne ou comme
une figure des rapports internationaux, la parabole que nous
raconte jésus continue de faite mal et de poser question.
Elle peut simplement servir de prétexte pour accuser
les autres, chacun pouvant crier à son voisin: «C'est
toi le riche, c'est moi Lazare.» Mais, au-delà
des caricatures, chacun d'entre nous et nous tous ensemble,
il nous faut nous poser cette terrible question: «Et
si ce riche, c'était nous?»
André
Beauchamp
L'ATTACHEMENT
DE DIEU
«Moi,
je ne m'attache à rien ni à personne; comme
ça, je suis sûre de ne pas souffrir.» Cette
remarque d'une détenue à la prison de Kingston
m'avait bien déconcerté. Car, d'une part, il
est vrai qu'en s'attachant à quelque chose et encore
plus à quelqu'un on risque de perdre ce que l'on aime
et de souffrir. D'autre part, ne s'attacher à rien
ni à personne, c'est se condamner à la solitude.
Sans ces présen-ces auxquelles je tiens, ma vie est...
morte!
L'attachement
de Dieu aux créatures que nous sommes a, de prime abord,
quelque chose de pathétique. Il n'a nul besoin de nous
et, pourtant, il tient à nous. Jésus s'évertue
à nous faire saisir cela en déployant des images
pleines d'émotion: un berger affronte le désert,
endure la fatigue et la soif pour retrouver une brebis étourdie
qui s'est égarée et qui est condamnée
à une mort certaine; une femme vire la maison sens
dessus dessous pour retrouver une pièce d'argent; un;
père qui attend son fils depuis si longtemps ne contient
plus sa joie en le retrouvant. Voilà ce que ressent
Dieu en retrouvant le plus perdu d'entre nous.
Comment
comprendre un tel attachement? Cela nous dépasse. À
moins de nous risquer nous-mêmes à aimer, à
nous attacher, à souffrir... Et alors, nous pourrons
au moins un peu entrer dans la peine de Dieu mais aussi dans
l'immensité de sa joie.
Qu'est
devenue la prisonnière de Kingston? Je ne sais pas.
Je prie qu'elle ait pu sortir de sa prison, celle de la peur,
la peur d'aimer.
Georges
Madore
EMPRUNTER
LES MOEURS DE DIEU
L'évangile
nous met devant un conseil qu'il nous serait facile de retrouver
dans un bon manuel de politesse élémentaire
: celui de ne pas occuper spontanément la première
place. II s'agit 1à d'un certain respect pour les autres
invités et aussi, avouons-le, d'une prudence calculée.
Mais le récit évangélique a une autre
visée et poursuit par le fait même un tout autre
enseignement. II veut nous apprendre que les convenances de
Dieu, ou si vous aimez mieux, les murs de Dieu, sont
différentes de celles du monde. Mais n'anticipons pas.
Un refrain
parcourt tous les évangiles en changeant de mots et
de forme mais toujours en conservant l'essentiel du message.
Ce refrain, on ie retrouve en cette page aujourd'hui : Celui
qui s'élève sera abaissé, et celui qui
s'abaisse sera élevé (Lc 14,11), On le retrouvait
déjà chez le prophète Ézéchie!
: Ce qui est bas sera élevé, ce qui est élevé
sera abaissé (Ez 21,3i). -jésus meara ce, avertissement
divin au coeur mërrie de sa mission lui qui s'est abaissé
jusqu'à la mon, de la croix (Hé 2,7}. Cependant
ia puissance rie Dieu le relèvera pour faire de fui
le Premier-né d'entre !es morts (Ap 1,5).
Pour des
croyants, pour des discipfes de ce Messie si humble, que signifie
prendre la dernière place? C'est, je pense, adopter
justement les moeurs de Dieu et cela se fait en accueillant
ceux que la société rejette, en ouvrant les
bras aux enfants délaissés, en rendant visite
aux vieillards isolés. Ils sont ces petits que l'on
essaie de rapetisser jusqu'à.lPS faire disparaître
aux yeux du monde. Un ancien chef d'entreprise me confiait
avec une voix presque inaudible : On ne me voit plus et dire
qu'on me voyait parfout. La vie l'a abaissé et c'est
maintenant l'attention fraternelle, la main tendue, le regard
bienveillant de l'étranger qui le fera se relever sinon
de sa chaise de malade, du moins dans sa tête et dans
son coeur. Redonner de la dignité c'est, encore une
fois, emprunter les mceurs de Dieu.
Prendre
la dernière place c'est aussi choisir ce que Dieu lui-même
a choisi. Charles de Foucault disait qu'il aurait bien voulu
prendre la dernière place mais que Jésus l'avait
déjà choisie. Les saints ont une manière
bien à eux de nous conduire au seuil du mystère.
Si nous
sommes destinés à suivre Jésus partout'où
il est passé; si nous sommes appelés à
poser les gestes qu'il a posés; si nous devons aimer
ceux et celles qu'il a chéris alors nous chanterons
le même refrain, celui que sa vie a fredonné
jusqu'à son dernier souffle.
Ghislaine
Salvadl s j.s.h.
PASSEPORT
POUR LE SALUT
A l'époque
de Jésus, plusieurs se questionnaient sur le nombre
d'élus. Certains théologiens disaient qu'il
suffisait d'appartenir au peuple juif pour être sauvé.
D'autres, comme l'auteur du Quatrième Livre d'Esdras,
seront plus restrictifs: d'après eux, seul un petit
nombre sera sauvé.
La question
était donc dans l'air du temps. II était inévitable
qu'elle rebondisse un bon jour devant Jésus. Quelqu'un
lui demande: Seigneur, n'y aura-t-il que peu de gens à
être sauvés? Mais le Maître refuse de répondre.
Se demander combien seront sauvés est une mauvaise
question. Et mauvaise question est mère de mauvaise
réponse. II faut plutôt se demander comment être
sauvé. La seule vraie question est donc: Que dois-je
faire pour être sauvé? Cette interrogation est
plus dérangeante, car elle me renvoie à ma propre
responsabilité: mon salut est entre mes mains! On ne
peut obtenir un passeport pour le salut en pratiquant tel
rite, ou en étant membre de telle organisation, ou
en ayant tel ADN dans mon bagage génétique!
Non, il
y a une seule manière d'obtenir le salut: c'est de
devenir sauvé. C'est-à-dire devenir image du
Sauveur! Se laisser transformer par l'Esprit pour devenir
un autre Christ, fils de Dieu, humanité transfigurée
à travers laquelle la bonté et la compassion
du Père transparaissent et agissent dans notre monde.
II n'y a pas trente-six manières d'être sauvé;
il n'y-en n'a qu'une: emboîter le pas derrière
le Christ qui est le Salut en personne. Le suivre dans ses
choix, sa manière d'entrer en relation avec Dieu et
avec les autres.
D'une
certaine manière, je deviens sauvé en étant
sauvant à la manière de Dieu, en faisant pleuvoir
mon amour et mon accueil sur les justes et les injustes.
II n'y
a qu'un passeport pour le salut: un coeur transformé
à l'image du Fils.
Georges
Madore
MARIE,
TU ME FAIS RÊVER...
Vierge
Marie, ta vie nous apprend que le bonheur est dans le service
et le don de soi.
Vierge Marie, ta vie nous apprend que la confiance en Dieu
et l'abandon à son amour, sont les clés de l'espérance
et de la sérénité.
Vierge
Marie, ta vie nous rappelle que les biens matériels
et l'apparence ne comblent pas le coeur humain.
Vierge
Marie, ta vie nous apprend à découvrir le chemin
de l'éternité: ton Assomption nous fait rêver
du ciel, de l'amour en plénitude dans le coeur de Dieu.
Vierge
Marie soutiens-nous, guide-nous dans notre quête de
bonheur et de vérité.
Amen.
Aumilieu
des loups
Devant
une tâche à accomplir, il arrive parfois que
nous soyons pris de panique. C'est le cas du chef d'entreprise
qui a peine à respecter un contrat; c'est le cas de
celui ou celle qui ne parvient pas à se trouver un
emploi. Le jeune qui pense à son avenir et les parents
qui se soucient de l'éducation de leurs enfants vivent
fréquemment des moments d'angoisse.
II en
est ainsi dans la mission que le Christ a confiée à
son Église. La moisson est abondante, nous rappelle
l'Évangile. Jésus demande à soixante-douze
disciples de s'associer à l'ceuvre qu'il a lui-même
entreprise : faire connaître la venue du Règne
de Dieu pour tous les hommes et toutes les femmes.
Le travail
est immense et les obstacles sont nombreux. Les ouvriers du
Royaume ont sans cesse à se dépouiller de ce
qui diminue leur disponibilité. II leur faut croire
en la mission et accepter d'y mettre le temps. Ils ont à
interpeller constamment et à éviter les propos
futiles.
Aujourd'hui
encore, l'Église de Jésus Christ a besoin de
personnes disposées à oeuvrer dans le champ
du Père. Notons que des signes encourageants apparaissent.
Une coresponsabilité plus grande se manifeste entre
laïcs et prêtres. Des projets d'éducation
de la foi naissent à plusieurs endroits. Les conseils
de pastorale sont nombreux dans nos communautés chrétiennes.
Mais il y a encore beaucoup à faire.
Le Seigneur
compte sur chacun et chacune de nous pour travailler à
sa moisson, et cela même au milieu des loups. Sommes-nous
des ouvriers dévoués à la tâche?
Gilles
Leblanc
Témoins
de notre époque
J'ai déjà
eu le bonheur de participer à une retraite animée
par Jean Vanier. C'est un personnage fascinant et l'histoire
de sa vie ne l'est pas moins. II fut d'abord officier dans
la marine canadienne. À cette époque, il s'imaginait
que la conquête du monde se faisait par la force, militaire
ou autre. Certains, soit dit en passant, le pensent encore.
Mais il déchanta vite réalisant que là
n'était pas la manière d'aider le monde. II
se lança ensuite dans la recherche intellectuelle,
particulièrement dans la philosophie. Réfléchir
sur le monde, sur les gens, sur ce qui les fait vivre et mourir.
Enseigner une manière de penser et un art de vivre,
voilà ce qui peut donner un sens à sa vie et
aider beaucoup de gens à rendre le monde plus heureux.
II s'y adonna avec passion et avec succès. Mais cette
activité, haute en mérites, le laissa quand
même sur son appétit.C'est alors que le hasard
- ou plutôt la Providence - mit sur sa route deux personnes
handicapées mentales. Il se mit à s'y intéresser,
à les aider et à les aimer. II s'aperçut
rapidement que, s'il leur apportait des choses, elles aussi
lui en apportaient. II entra alors dans un autre monde : après
avoir connu le monde militaire et le monde de la pensée,
il découvrit le monde de l'amour. II découvrit
en même temps le monde de la vulnérabilité,
de la faiblesse, de la pauvreté humaine et, en bout
de ligne, une manière profonde de vivre sa foi et de
s'accorder au coeur même de l'Évangile.
II comprit,
par l'intérieur et avec son coeur, tout ce que la personne
pauvre pouvait apporter au monde. II comprit le sens profond
de la Béatitude: Heureux les pauvres de coeur... II
découvrit, à sa façon, la parole de Vincent
de Paul à ses dames patronnesses: Les pauvres sont
nos maîtres. II s'émerveilla, comme Jean Eudes,
de voir dans la personne handicapée rien de moins que
le sacrement du pauvre c'est-à-dire un signe réel
de Dieu pour notre monde. !I comprit la belle parole de Marguerite
d'Youville à ses sorurs: Les pauvres sont nos seigneurs.
Il saisit que c'est à travers nos blessures, connues
ou non, que le Seigneur se fraie un chemin jusqu'à
notre cceur. II sut, de science certaine, que c'est l'amour
du pauvre, du petit, du déshérité, qui
est la clé de la paix en ce monde et que c'est lui
qui est en quelque sorte l'écho de Dieu au milieu de
nous. C'est ainsi que naquit le premier Foyer de !'Arche.
Et, petit à petit, d'autres Foyers prirent racine un
peu partout dans le monde.
Incontestablement,
Jean Vanier est un prophète de notre temps. C'est une
sorte de Mère Teresa au masculin. Son amour des personnes
blessées par la vie est un pur reflet de l'Évangile
et une question majeure pour notre temps.
Jules
Beaulac, prêtre
Donnez-leur
vous-mêmes à manger
La foule
est là, nombreuse et en plein désert. Les Apôtres,
des hommes qui ont les pieds sur terre, constatent que les
gens ont faim et qu'il est impossible de les nourrir. De plus,
il se fait tard. Or une seule solution leur semble raisonnable,
celle de renvoyer la foule vers les villages des alentours
où elle pourra trouver de quoi manger.
Pour jésus,
il y a une autre solution. Contre toute logique, il tient
à nourrir la foule qui comprend pas moins de cinq mille
personnes. Il n'hésite pas â accorder sa confiance
à ses disciplesdésemparés, en demandant
leur collaboration. Il leur dit de faire asseoir la foule
par groupes de cinquante, des groupes à taille , humaine,
et de leur donner à manger. Les disciples se mettent!
donc à distribuer les pains et les poissons que jésus
leur donne.
Leur foi en jésus n'est-elle pas un véritable
miracle, aussi grand que celui de la multiplication des pains?
Devant
les défis actuels de la pastorale, nous avons souvent
l'impression que nous sommes devenus incapables de répondre
aux attentes de nos contemporains et de combler leurs faims.
Démunis et mêmes découragés par
les difficultés rencontrées dans nos projets
pastoraux, nous sommes tentés de démissionner
et de laisser les gens à eux-mêmes. Nous oublions
alors que le Seigneur jésus est toujours avec nous
et qu'il nous confie la responsabilité de donner nous-mêmes
à manger. Le Seigneur ne peut-il pas décupler
et multiplier nos pauvres talents et nos modestes initiatives?
Avec nos cinq pains et nos deux poissons, il tient encore
à nourrir la foule nombreuse des affamés d'aujourd'hui.
Il nous confie la tâche de les servir généreusement.
Avec Jésus, le pain est tellement abondant qu'il en
reste.
Normand
Provencher 
Les
trois beaux noms de Dieu
Si vous
demandez à Dieu quel est son nom, il vous dira d'abord
qu'il est Père. Il veut dire par là qu'il est
à l'origine de la vie, qu'il est source de lumière
et d'amour. En affirmant qu'il est Père, Dieu ne veut
pas laisser entendre qu'il n'est que cela. En lui réside
toute la tendresse et tout l'amour d'une mère. En fait,
Dieu n'a pas de genre. Il est audelà de tout genre.
N'empêche qu'en s'adressant à lui, jésus
l'a appelé «Père». Ce que nous faisons
à sa suite.
Après
avoir dit qu'il est Père, Dieu vous dira qu'il est
Fils. Il tient à ce nom de Fils autant qu'à
celui-ci de Père. Dire qu'en Dieu il y a le Fils, c'est
dire que Dieu n'est pas solitude, mais communion. L'existence
du Fils en Dieu nous assure qu'en Dieu il y a de l'amour.
Elle témoigne que le mystère de Dieu est un
mystère d'amour: Saint jean a eu raison de l'affirmer:
«Dieu est amour.»
Après
avoir dit qu'il est Père et qu'il est fils, Dieu vous
dira qu'il est Esprit. C'est dire qu'il est souffle, qu'il
est vent. Au sein de Dieu, l'Esprit assure la circulation
de l'amour entre le Père et le Fils. Déposé
en nous, l'Esprit nous dit qui est le Père et qui est
le Fils. Il nous met en communion avec eux. Il nous fait reposer
en Dieu et nous conduit vers la «vérité
tout entière».
Jean-Yves
Garneau
Une
présence au-delà des yeux
Avez-vous
déjà ressenti le désir de pouvoir vous
brancher directement sur le Christ sans intermédiaire?
Le désir de pouvoir le toucher, le voir, l'entendre
de manière sensible et immédiate. Le sens commun
nous porte à accepter que le Christ échappe
à nos perceptions sensorielles, mais notre envie de
sa présence nous donne de la difficulté à
admettre qu'il demeure invisible. Les premiers disciples ont
fait une expérience semblable. La première lecture
et l'évangile d'aujourd'hui font le récit de
l'ascension de jésus, c'est-à-dire du moment
où jésus a quitté ses disciples et s'est
dérobé à leurs yeux. Les disciples ont
connu sa présence physique. Ils en sont désormais
privés, comme nous. Mais ce départ leur permet
de faire l'expérience d'une autre forme de présence.
Il semble
nécessaire de consentir à l'impossibilité
du contact direct avec le Christ pour découvrir cette
forme de présence moins tangible mais tout aussi réelle.
Ce consentement nous travaille de l'intérieur pour
créer en nous plus de disponibilité et de réceptivité.
C'est le don de l'Esprit qui prolonge pour nous la présence
de jésus. Or, l'Esprit nourrit notre faim de présence
mais nous ouvre aussi l'appétit. De cette façon,
le désir de Dieu continue de nous dilater l'âme,
de transformer notre coeur de pierre en un coeur de chair.
Nous ne pouvons pas nous emparer du Christ et mettre la main
sur lui, mais nous pouvons nous laisser saisir et toucher
par lui. À cet égard, le récit de l'ascension
nous appelle à demeurer éveillés, vigilants.
Sophie
Tremblay
Fidélité
et paix
S'il est
deux mots que notre siècle déteste, ce sont
les mots fidélité et paix. Le mot fidélité
semble trop lourd et trop contraignant. On fait allusion alors
à fidélité conjugale et le mot déplaît
à cause de l'extraordinaire fragilité des couples
actuels. On préfère donc parler de fidélité
à soi-même, de sincérité, d'authenticité,
même si cela doit se conjuguer avec une extraordinaire
variabilité des amours et des engagements. De même,
le mot paix n'a pas beaucoup d'adeptes aujourd'hui. On lui
préfère le mot guerre (plus payant, plus catégorique,
surtout quand l'ennemi est diabolisé), les mots lutte,
revendication, affrontement.
Jésus
préfère les mots fidélité et paix.
Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma
parole. J'aime les gens dont la parole est lourde de tout
leur être. Je déteste ces contrats d'assurance
dont il faut lire toutes les petites lignes (on n'a jamais
le temps) et dont le style est imbuvable. J'aime la personne
qui ne sait ni lire ni écrire, qui vous donne la main
en vous regardant dans les yeux et qui s'engage tout entière
en vous donnant sa parole. Une parole donnée, ça
ne se retire pas. Seule la personne qui l'a reçue peut
en libérer. Ce n'est pas affaire de juge ou d'avocat.
Jésus dit : il restera fidèle à ma parole.
En Jésus, c'est Dieu qui donne sa parole. Dieu ne retire
pas sa parole.
Quant
à la paix, Jésus la donne aussi, comme sa parole;
il ne s'agit pas d'un traité de paix, avec douze clauses
pour recommencer la guerre. Ce n'est pas une paix négociée.
C'est une paix donnée, comme un baiser de paix, comme
un acte de confiance. Nous avons reçu la guerre en
héritage, depuis les confins de l'humanité.
L'être humain est une machine à faire la guerre.
Jésus offre la paix, comme un don, comme une grâce.
A chacun de choisir.
André
Beauchamp
Comme
Dieu nous aime
L'amour
a tous les noms et toutes les formes, depuis l'amour sentimental
jusqu'à l'amitié en passant par l'amour des
proches et l'amour universel. Un même mot pour tant
de réalités si différentes! Bien malin
qui pourrait prétendre connaître et enseigner
la vraie manière d'aimer, infaillible et définitive.
L'amour
est une expérience, une rencontre d'autrui au sein
de laquelle nous nous sentons accueillis d'une manière
inconditionnelle. Nous avons l'impression d'être compris,
respectés, désirés. Plus encore, nous
faisons aussi l'expérience de la réciprocité.
L'autre aussi nous plaît. Nous estimons cette personne
et voulons la découvrir dans sa vérité
profonde, bien au-delà des apparences. Sentiment si
rare d'une communion.
Ce
qui est premier dans l'amour, c'est la -gratuité. Il
faut d'abord se laisser aimer, accepter que l'autre ait posé
sur nous un regard bienveillant et prévenant. Et parce
que l'amour est reçu à la manière d'un
don, il tend ensuite à s'exprimer sous la forme de
la gratitude et de la réciprocité. Il faut rendre
grâce pour grâce.
C'est
cette leçon primordiale que Jésus donne à
ses disciples à la veille de sa mort. «Comme
je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres.»
Nous avons toujours peine à croire que Dieu puisse
nous aimer le premier, qu'il prenne l'initiative de nous tendre
la main, lui, l'inaccessible, le tout-puissant. Or en Jésus,
Dieu nous a aimés le premier. Accueillir cet amour,
c'est amorcer une démarche qui n'aura pas de fin. Car
rendre grâce pour grâce, amour pour amour, nous
forcera à défier sans cesse les limites trop
étroites dans lesquelles le coeur aimerait s'enfermer.
André
Beauchamp
Notre-Dame de grande foi!
Même
si notre époque a vu des choses extraordinaires au
plan de la technologie au point de prétendre tout connaître,
une dimension lui échappe quand elle tourne le dos
à la foi qui est une autre façon de considérer
la réalité. Cette attitude conduit souvent à
dire avec une certaine suffisance: autrefois, on croyait,
aujourd'hui on sait... II faudra bien, un jour, reconnaître
en toute humilité que les voies de Dieu ne sont pas
nos voies, que les pensées de Dieu sont insondables.
En face de situations impossibles à nos yeux: l'impossible
bonheur, l'impossible amour, l'impossible paix dans le monde,
Marie de Nazareth nous propose de nous tourner vers le Christ
et de dire avec Lui: tout est possible à celui qui
croit.
La foi
qui cherche à comprendre Un des premiers théologiens
de l'Église, saint Justin, a écrit, à
propos de la foi, qu'elle «cherche à comprendre».
En d'autres mots, même pour un croyant, il y a place
pour l'intelligence dans l'acte de foi. Croire ne signifie
jamais gober n'importe quoi. C'est d'ailleurs un signe d'intelligence
que d'essayer de comprendre ce que le Seigneur nous demande!
L'intelligence reste en état d'éveil, de recherche,
de questionnement et de discernement est toujours de mise
avant d'adhérer à une proposition de foi afin
de ne jamais être victime d'illusions. Après
un questionnement normal, se présentera un seuil infranchissable
où la raison s'avouera épassée. Si l'on
compare l'attitude de Marie avec celle de Zacharie â
qui on annonce une naissance à Élisabeth son
épouse, nous nous rendons compte que celui-ci sombre
dans l'incrédulité: À quai le saurai-je
car je suis un vieillard et ma femme est avancée en
âge? Quant à la Vierge Marie, sans demander de
signe, elle se révèle une femme à la
foi intelligente quand elle demande: Comment cela se fera-t-il?
Ce qui ne signifie nullement un refus de croire mais un comment...
La réponse de l'Envoyé divin ne sera pourtant
pas une explication très claire: L'Esprit Saint viendra
sur toi et (a puissance du Très-Haut te couvrira de
son ombre. Mais ne cherche pas à mettre Dieu au pied
du mur, à percer ses secrets ou à demander des
précisions sur ses façons d'agir.
(par
Paul Arseneault, o.m.i. de Notre-Dame du Cap)
Trois
pas qui changent tout...
Au bout
de leur temps, au bout de leurs efforts, «leurs filets
étaient vides.» Ainsi commence le récit
d'évangile proclamé ce dimanche. Ainsi l'auteur
du quatrième évangile évoque-t-il la
condition humaine: beaucoup de travail, d'énervement,
pour finalement se retrouver dans la nuit, les filets vides.
Quand les médias annoncent la mort d'une célébrité
dans quelque domaine que ce soit, je ne peux m'empêcher
de voir cette image: tant de bruits et de paroles, pour finalement
aboutir à une notice nécrologique de cinq lignes!
Des filets vides...
Mais le
récit se poursuit. Une voix se fait entendre, celle
du Christ, le Seigneur de la vie, le vainqueur de toute mort.
Heureuse la personne qui lui fait confiance, qui ose l'écouter.
Elle passera de la nuit au clair matin, de la mer mouvante
à la fermeté du rivage, de la faim au repas
préparé par l'Ami, du vide à la plénitude.
Chacun
de nous a des «Pâques» à vivre, des
passages à oser. Le premier pas, c'est celui de l'illusion
à la vérité: reconnaître sa pauvreté
radicale, le vide de ses filets. Le deuxième pas, c'est
celui de la foi: oser faire confiance à celui qui dit:
«Reprends ton geste, jette le filet pour la millième
fois: c'est moi qui l'emplirai.» Le troisième
pas, c'est celui de l'amour: «M'aimes-tu?» nous
demande le Christ. «Si tu m'aimes, ton quotidien deviendra
une mission, et tous les autres te deviendront aussi chers
qu'à moi.»
Aujourd'hui,
nous sommes invités non seulement à célébrer
la fête de Pâques, mais aussi à la vivre.
Georges
Madore
Les
chemins de la foi
je n'avais
que quelques semaines lorsque j'ai été baptisé.
Je n'avais que quelques semaines lorsque j'ai été
baptisé. L'Église m'a accueilli alors que je
ne pouvais pâs encore dire: «Je crois en Dieu.»
Elle l'a fait en confiant à mes parents, à mon
parrain et à ma marraine la responsabilité de
me faire connaître Dieu et jésus Christ. Tout
cela afin que je croie un jour. Autrement, mon baptême
perdrait beaucoup de son sens.
Qu'est-ce
qui a fait de moi un croyant? Nul doute que, tout petit, mes
parents m'ont inspiré la foi par leur exemple et par
leur propre confiance en Dieu. Plus tard, à l'école,
mes professeurs m'ont parlé de jésus. À
l'église de ma paroisse, j'ai vu et entendu des gens
prier, fraterniser, demander, s'entraider. J'ai essayé
de faire comme eux. Adolescent, je me suis demandé
si toute cette histoire pouvait être vraie. Dans le
groupe de jeunes dont j'étais membre, nous avons pris
conscience de notre foi, partagé nos questions et nos
réponses, compris que la foi ne se vit jamais seul.
A travers mes divers engagements chrétiens, j'ai vécu
la joie d'une fraternité simple et vraie. Jeune adulte,
ma foi a pris un autre sens: j'ai trouvé dans la Bible
une sagesse de vie sans pareille. La trentaine a vu ma foi
soutenir l'engagement de ma vie. Parvenu à la quarantaine,
je suis rejoint par le Christ dans une intériorité
retrouvée. Aujourd'hui, je rends grâce à
Dieu de s'être présenté à moi par
toutes sortes de chemins. Que ce soit par le témoignage
de chrétiens engagés, par celui de ma famille
ou de mes amis, par la Bible ou par l'expérience spirituelle
personnelle, le Christ s'est toujours re-présenté
à moi, et je crois qu'il en sera toujours ainsi.
André
Tiphane
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